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à deux

Dialogues#3

— Je viens de lire et de relire vos textes cher ami. Tous m’ont parlé, m’ont touchée. Certains m’ont évoqué des souvenirs, d’autres non bien sûr. Beaucoup m’ont provoquée, voire choquée pour quelques-uns. Autant être franche, il y a parfois un peu trop d’urine qui jaillit dans vos lignes. Ce n’est pas que cela me choque, mais je ne trouve pas cela excitant.

— Sans doute oui. Cela reste une pratique un peu hors norme, j’en ai bien conscience.

— Mais rassurez-vous, aucun ne m’a laissé insensible en tout cas. Après avoir démarré mes lectures sur le canapé du salon, j’ai préféré d’ailleurs m’isoler dans l’intimité de ma chambre. Il n’aurait pas manqué que mon mari me surprenne ! Tout en vous lisant, je sentais mon corps réagir, comme quoi le sexe est puissamment cérébral. D’un seul coup, il faisait chaud. D’un seul coup je sentais mon sexe mouiller et mon bas-ventre se crisper de désir. Certaines images étaient d’une telle intensité que je m’y projetais totalement. Je vivais ces scènes, voire je les revivais pour celles qui m’évoquaient des souvenirs tout aussi forts. Vos rencontres avec les femmes fontaines notamment.

— Oh vraiment ?

— Oui. Il faut vous dire que je me suis découverte fontaine il y a peu de temps de cela. Et c’est de plus en plus fort. Une sensation très différente d’un orgasme « classique ». Un truc à perdre pied et à fondre. Un effet de dingue je vous jure.

— Je veux bien vous croire. Pourtant, les deux sont assez proches finalement… J’ai eu une amie qui était fontaine assez spontanément avant de me connaître mais qui avait fini par se bloquer car nombre de ses amants trouvaient ça « sale » car ils assimilaient cela à de l’urine… Lorsqu’elle a compris que c’était un de mes « kinks » favori, elle a pu à nouveau se lâcher en toute confiance… et pour notre plus grand plaisir.

— Je peux la comprendre en effet. Et puis, on évolue tellement au cours de notre vie. Passé la cinquantaine, on découvre de nouveaux plaisirs, de nouveaux abandons. À condition de trouver les partenaires avec qui il soit possible de se lâcher totalement bien entendu. Ensuite, quand la confiance et le respect sont là, tout devient possible. Vous savez, étant plus jeune je n’aimais pas les fellations par exemple. Je n’aurais jamais imaginé qu’un jour je me jetterais avec gourmandise sur le sexe d’un homme, que j’aimerais le lécher, le sucer, l’avaler. Et je ne vous parle même pas de la sodomie ! Ce sont des révélations qui sont venues sur le tard. Mais quel plaisir de s’offrir, de se donner à l’autre ! Comme quoi il n’est jamais trop tard. Nos corps sont certes un peu plus marqués.

— Disons qu’ils ont vécu…

— Tout à fait. Mais nos esprits sont bien plus ouverts je trouve. Beaucoup associent la ménopause à la fin de leur vie sexuelle. C’est tout le contraire pour moi, comme si le bouleversement hormonal avait fait exploser ma libido. Je suis moins dans dans le contrôle, dans le « oh mon dieu, que va-t-il penser de moi ? » et plus dans le lâcher prise, l’acceptation de soi, de mon corps, de mes envies. Alors bien sûr, je n’ai plus le corps de mes vingt ans, il est marqué par les grossesses et l’âge. Mais paradoxalement je m’y sens tellement mieux qu’à cette époque où j’étais terriblement complexée, alors que rétrospectivement cela ne le méritait nullement. Quand je vois le corps de certaines de mes amies plus jeunes et qui n’en sont pas satisfaites, j’ai envie de leur dire qu’il faut qu’elles arrêtent de se dénigrer ainsi. Mais elles ne sont pas prêtes à l’entendre. Cela m’a pris du temps.

— Le temps est cruel pour tout le monde.

— Tout à fait, vous aussi messieurs vous subissez les effets de l’âge…mais nous avons l’élégance de ne pas le souligner.

— Vous avez raison, bien sûr. Avec le temps, les raideurs se déplacent selon le vieil adage. Alors que pour les femmes… Il y a longtemps de cela, une amie m’avait fait remarquer que les femmes ont cet avantage d’avoir un organe magique qui fonctionne quel que soit leur âge…

— Je ne l’avais pas envisagé comme ça, mais c’est tout à fait vrai. Ceci dit, n’y a-t-il pas une part importante de psychologique dans le fonctionnement du vôtre aussi ? Même si vous êtes persuadés du contraire. J’ai eu un amant un peu plus âgé que moi qui me disait qu’il ne bandait pas comme ça, quasi instantanément, aussi fort et aussi longtemps avec d’autres. Qu’il avait un peu fait le deuil de son érection, et qu’il trouvait ça magique l’effet que je lui faisais. Quelquefois rien que par messages interposés. Je vous laisse imaginer ce que cela donnait en réel.

—  Je l’imagine sans peine.

— Reste que c’est une très mauvaise idée de lire vos textes avant de m’endormir. Le sommeil a mis du temps à venir malgré la fatigue. Alors j’ai alors eu recours à mon somnifère favori, entièrement naturel. J’ai glissé une main entre mes cuisses et me suis caressée, doucement d’abord et puis plus intensément jusqu’au plaisir. Ce fut rapide, les mots, les images ayant préparé le terrain

— Et puis ?

— Et puis je me suis endormie

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