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Les vices de Camille (extraits)

Camille découvre les cordes

Nathalie sort des toilettes et remontant le zip de son jean.

— Une vraie plaie, ici, la poussière. Si tu ne t’en occupes pas un peu tous les jours, tu te fais envahir vite fait. Bon, maintenant qu’on se connait un peu mieux, je vais te montrer la cave.

Elle prend le bras de la jeune femme d’une main ferme et chaude et la conduit jusqu’à une tenture. Elle l’écarte et révèle quelques marches conduisant à une porte en bois massif aux ferrures ouvragées. Nathalie la pousse et Camille la suit dans une pièce vaste et toute en longueur, au sol pavé de grands carreaux de terre cuite. Les murs sont maçonnés avec des blocs de pierre de taille qui se rejoignent en voûte pour former le plafond.

— C’était une chapelle privée, avant.

— Tu l’as bien transformée, on dirait.

— Disons que c’est devenu un autre lieu de culte.

Au fond de la salle, une longue perche en bambou est accrochée en travers des montants d’un large portique métallique. Au sol, des tatamis forment un espace que Camille imagine être souple sous les pieds, caressant pour la peau. Au mur, des anneaux de métal sont fixés à différentes hauteurs dans la pierre.

Et puis il y a les cordes. Lovées en boucles bien ordonnées, une dizaine au moins, elles pendent côte à côte à des crochets plantés au mur. Camille s’en approche et tend la main vers un écheveau.

— Je peux toucher ?

— Bien sûr. Elles ne vont pas te manger, quoique…

Camille hausse les épaules en souriant et s’empare d’un rouleau de chanvre qu’elle dénoue lentement, attentive aux sensations que lui procure ce contact nouveau sur la paume de sa main.

Le cordeau déplié ressemble à une longue liane que Camille rassemble finalement en une pelote informe. D’un geste vif, elle plonge son nez dans l’entrelacs de cordes.

L’odeur est forte, le contact soyeux. Camille caresse les liens les yeux mi-clos, en se laissant envahir par cette douceur sauvage qui semble en imprégner chaque brin.

— J’ai très envie d’être attachée, je crois.

— On dirait bien effet. Et je pourrais t’apprendre à le faire aussi, si tu le veux, lui propose Nathalie.

— Tu ferais ça ? Je pense que je vais adorer.

— J’en suis sûre. En attendant, il faudrait que tu t’occupes de mon appart. Tu verras, c’est un peu le bazar. Je te laisse faire au mieux.

***

Le roman Les vices de Camille est disponible sur le site de La Musardine : https://www.lamusardine.com/media-1000/16899-les-vices-de-camille.html

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